27 May, 2020

S’il te plait papa, ne gâche pas mon plaisir !

J’adore quand papa vient me regarder, il m’encourage. Ancien joueur de football n’ayant pas réussi à devenir professionnel, il m’accompagne. « Allez mon fils ! » Je dois être bon parce que c’est ce qu’il dit et il était footballeur, c’est dans les gènes. En route pour rentrer à la maison, nous avons fait un long trajet, mais nous avons gagné aujourd’hui, donc tout n’est que rires et sourires. Papa dit qu’il est fier de moi d’avoir marqué quatre buts. Il est toujours plus fier de moi quand je marque beaucoup. J’espère qu’il le dira aussi lorsqu’on perdra des matchs… Je fais toujours de mon mieux mais je ne peux pas choisir.

Maman est venue me voir la semaine dernière, elle reste toujours très silencieuse. Déteste quand les gens me frappent ou me poussent. Papa dit que c’est bon pour moi « cela va m’endurcir ! » Mais maman n’est pas d’accord et dit :  » ces enfants sont trop durs « . Papa a dit que c’est bon si je sors avec un bleu ; le plus important c’est que nous ne perdons pas.

La finale de la coupe c’est demain, nous sommes impatients. Mon coach dit qu’on doit se coucher tôt pour être en forme. Papa dit qu’on doit gagner. Ce jeu signifie beaucoup pour lui, Je veux juste qu’il soit fier de moi, qu’on lève la coupe ou non. Je ferais mieux de me coucher, maman dit qu’il est tard : « bonne nuit mon chéri, demain tu vas être super ». Maman sait toujours quoi dire. Elle est toujours fière de moi, peu importe comment je joue.

Je me suis réveillé ce matin excité de jouer. Papa a crié en haut « C’est la Finale de la coupe !!! ». Je n’ai pas avalé mon petit déjeuner, il y a des papillons dans mon ventre. Je ne veux pas décevoir tout le monde, surtout papa et maman.

Le jeu commence et le bruit est si fort que je n’arrive pas à me concentrer. Tout ce que je peux entendre c’est la foule. Mon coach me dit de marquer mon joueur « ne le lâche pas, souviens-toi des consignes ».

Je cours balle au pied mais je tombe avec un bruit sourd. Le grand numéro 9 m’a poussé dans la boue. Papa crie encore « Allez, relève-toi ». Pourquoi il ne se soucie pas que je sois assis par terre en pleure ? Je me relève et je repars jouer… Peut-être arrêtera-t-il de crier si je réussis à marquer ? Le jeu est vraiment compliqué maintenant, il pleut des cordes. Je continue à courir, même à travers la douleur.

Papa crie encore plus fort « Allez, rentre dans ton match ». Papa n’est pas fier de moi, maintenant il a l’air gêné. Il dit qu’il me crie dessus pour m’aider, mais je suis plutôt gêné quand tout le monde me regarde. Maman ne crie pas et elle me soutient aussi, mais ça ne me fait pas me sentir comme toi.

Quand le match se termine, nous avons perdu mais c’est bien d’être allé en final. J’obtiens encore une médaille même si je n’obtiens pas la coupe. On a perdu mais je ne me sens pas si mal, jusqu’à ce que je monte dans la voiture et que je commence à parler à papa. « Tu aurais dû jouer plus longtemps, tu as joué aujourd’hui ? ». Voilà encore les critiques qui s’abattent sur moi, tellement dur à encaisser que je commence à pleurer.

Les larmes coulent sur mon visage, je n’arrive pas à les arrêter tellement je suis triste d’avoir déçu mon père mais quelques mots sortent de ma bouche.
 » Désolé papa « , je lui murmure,  » J’ai fait mon meilleur effort « .

Rappelez-vous :
En tant que parents et entraîneurs, nous devons nous rappeler que le football est un jeu que les enfants jouent pour profiter et s’exprimer. Ne gâchez pas le plaisir, restez positif et gardez-les en souriant autant que vous le pouvez.