Pourquoi le football français ne progresse pas ? part. 1

Pour faire un constat d'ensemble, il faut parler de toutes les composantes du football Français

Les instances du Football Français (lfp, fff, ligues, districts...)

 

Parfois, on a l'impression que nos instances sont à des années lumières de la réalité du football, notamment amateur... Lorsqu'on voit déjà la mainmise du football professionnel sur les décisions autour du développement du national en division professionnelle, on a déjà tout compris... La fédération est riche, très riche si on ne se tient qu’aux comptes de résultats... cela devrait limite être un organisme de redistribution pour aider, non pas les 1% de clubs pros mais plutôt les 99% des clubs amateurs. Certes il y a des avancés avec les projets successifs, horizon 2018 ou Héritage 2019, néanmoins on se demande comment on peut distribuer si peu et encaisser autant... c’est trop insuffisant !

Que dire de la politique technique ? Les formations ne forment pas les éducateurs. Elle fait juste en sorte de leur donner un livret ; si peu de concret sur le quotidien et le travail continu. Ce n’est pas en animant un exercice qu'on devient éducateur... comment peut-on autoriser des clubs à avoir des éducateurs sans formations de secourisme ? La base !!!

 

Bref, les petits clubs souffrent par manque de moyens et on les étouffe avec les histoires de labellisations et les contraintes qui ne peuvent pas tous respecter...

 

L’équipe de France

 

La belle histoire de 2018, champion du monde, sans la manière mais avec du cœur… on retiendra que la 2eme étoile dans l'histoire : 9 joueurs qui jouent dans les clubs français, principalement des remplaçants... 2 joueurs non formés en France (Espagne) : la formation n'est pas si mauvaise en France !!! nous possédons l'un des plus gros viviers de joueurs au monde avec la région parisienne, lyonnaises et marseillaise. La dynamique n'a jamais été aussi positive depuis 1998 et pourtant il semble que la plupart des joueurs cadres de l'équipe de France jouent principalement à l'étranger.

 

Et pourtant l'image désastreuse de l'équipe de France et l'épisode Knysna ont finalement écorné l'image du joueur Français, du football Français. Le joueur français est catégorisé comme peu professionnel, rebelle et surtout d'un grand manque d'humilité... une minorité de joueurs !!

 

Le championnat de Ligue 1

 

La vérité est dure à entendre mais la Ligue 1 Conforama n'est pas un grand championnat... c’est peu spectaculaire et ultra défensif. Nous sommes un championnat néanmoins qui permet au talent de s'exprimer. Force est de constater que nous sommes dans une championnat supermarché des grands d’Europe qui viennent se servir en talents... Angleterre, Espagne ou Allemagne.

 

Cela arrange d'ailleurs nos chers présidents de clubs qui en font un modèle économique. Vendre ces meilleurs joueurs à l'étranger plutôt qu'à des concurrents français pour en tirer le maximum ; Business is Business. Il faut voir quand un club anglais arrive avec le chéquier ; les yeux des présidents Français sentant la bonne affaire (Kira et Cardiff) ... Qui aurait acheté le regretté E. Sala 23 millions en France ? Impensable ! Bref nous avons des excellents jeunes joueurs qui partent trop facilement à l'étranger pour les salaires, pour les projets et surtout pour une imposition moindre. La France et son état organise parfaitement son racket... 50% de la paye ! On le sent passer avec le prélèvement à la source ! Bref notre ligue 1 Conforama s’appauvrie à vue d’œil, et même avec les Qataris qui se cherchent un avenir en France à coup de milliards, le jeu n’en vaut pas la chandelle tant les autres championnats sont plus attractifs. On a juste un championnat de pépites à dealer aux ogres Anglais ou Espagnols... Le PSG est aujourd'hui est un phénomène qui ne va pas durer : les joueurs qui sont recrutés sont surpayés, ils ne viennent pas pour le football. Neymar la tête de Gondole du projet parisien est venu ici en vacances à 30 000 000 millions net par an. Quoi de plus beau pour jouer 4 mois dans l'année et avoir l'autorisation d'aller danser la Samba blessé ? Bref une Ligue 1 si peu attractive...

 

Les championnats nationaux U17 U19

 

Véritables viviers des futurs talents de demain, on voit apparaître de plus en plus de clubs amateurs tels que Montrouge, Torcy, FC Lyon ou encore Air Bel ces dernières années dans un championnat toujours aussi compétitif et disputé. Preuve que les clubs pros laissent passer entre leurs filets des joueurs qui deviennent bien souvent des futures recrues d'ajustage... Même si la plupart des joueurs de haut niveau sont souvent surclassés sur les réserves pros ou même dans les groupes pros... c’est un championnat scruté par les scouts français et étrangers prêt à saisir l'occasion d'un joueur qui n'était pas prêt ou dans les petits papiers. Il n'est pas rare que sur des équipes amateures effectuant une belle année de voir 5 ou 6 joueurs signés dans des clubs pros, preuve que le système de détection et les paris sur l'avenir ne sont pas un gage de réussite...

 

D'ailleurs, il est toujours aussi plaisant de voir les clubs pros malmenés par des clubs amateurs ou les coachs sont peut-être moins mis en avant, mais tactiquement aussi voir meilleurs que les gros bonnets parachutés, fils de, ou ex pros... à bon entendeur…

 

Les centres de formation

 

Il existe deux types de centres de formatios avec deux manières de voir l'avenir.

 

La philosophie de l’opportunisme où on va chercher les joueurs en U14 U15 voire parfois plus jeunes car ils sont déjà morphologiquement prêts. Ce sont les mêmes qui se retrouvent généralement en fin de contrats en U19 car mis à part la morphologie, il ne sont finalement pas plus intéressants qu'un autre... l'avantage de ce procédé, c'est que les clubs peuvent continuer de figurer en championnat national et d'être dans le gratin du football Français... on a vu des équipes gagner ou bien figurer sur le tournoi de Montaigu ces dernières années pas forcément par le jeu mais plutôt parce qu’ils avaient des joueurs beaucoup plus développer que les autres...

 

La philosophie de l'altruisme où l'objectif est de construire sur la durée et la finalité, c’est d'en sortir des pros. On retrouve des joueurs qui arrivent en centre parfois à 17 ans car pas repérer ou pas assez précoce mais qui aujourd'hui sont au niveau. On a souvent entendu cette histoire de « j’étais trop frêle, pas assez grand ». On retrouve là des joueurs qu’on n’a pas formaté. Cela peut être négatif mais aussi très positifs si on prend un peu de recul... un cas assez concret, les dribbleurs, ce joueur individualiste qui ne s’intégrait pas dans le collectif et qui fait finalement des différences incroyables dans des clubs amateurs...

 

Bref, on a aussi les critères de personnalités où on ne veut pas trop de caractère, pas trop d'individualisme mais par contre on tolère une équipe de moutons gentils, les mêmes qui mentalement seront friables dans les grands rendez-vous avec la pression... l'exemple du PSG doit nous servir d'exemple...

 

Un système éducatif incompatible avec le développement du sport

 

Plus globalement, le sport en France n'est pas une priorité. Quand on peut observer nos chers amis américains qui arrivent eux à conjuguer réussite sportive et des hautes études... cela laisse sur les fesses…

Je ne dis pas que le système est mauvais mais il faut l'adapter. Laisser une place plus grande pour le sport, quoique cela pourrait aussi bien être le théâtre ou du tricot tant que cela plaît.

Ne nous égarons pas : OK les centres de formations s’entraînent tous les jours, les pôles espoirs, les sections sportives OK mais pourquoi pas généraliser le football aujourd'hui en l’occurrence chaque après-midi ? On augmenterait sûrement encore le niveau des joueurs, le nombre de pratiquants…

 

Bref une idée à creuser au lieu d’entraîner les jeunes à 18 heures le soir...

 

Les agents et scouts

 

Le véritable Fléau du football, il est là. Il en existe des bons, il ne faut pas généraliser mais on voit apparaître depuis des années des opportunistes qui traînent autour des stades, des pseudos scouts ? Pseudos agents sans licence ? Des grands frères avec un CAP Commerce ? Bref tous sentent le filon pour se faire de l'oseille.

 

Présents déjà autour des terrains en U13, la vraie guerre entre les clubs est bien ici quand on voit que 6 ou 7 clubs s’intéressent à un gamin de 12 ans qui n'a pas découvert le football à 11. C'est plutôt suspicieux ; on joue et on spécule sur les enfants et le pire dans l'histoire c’est que les clubs participent à cette supercherie. Il y a des talents, certes, mais le système déraille complètement quand je vois que maintenant on fait signer des U11 ?

 

La prime, la prime, la prime ! Dire que personne ne prend rien sur les enfants c’est totalement faux ! Les intermédiaires touchent un billet, que ce soit le coach, le club, le scout, personne n'intervient sans intérêt ! Cela reste bien sur un tabou et la discrétion est de mise.

 

  • Les coachs sont fiers d'être l'apporteur d'affaire, Cela fait que bonifier sa position, « j'ai formé » !
  • Les clubs sont fiers, « on a des talents chez nous, signez vos licences et les 200 euros », les clubs pros sont souvent autour du terrain… 
  • Les scouts, « j'ai trouvé la pépite, je suis efficace monsieur le directeur, on parle de la prochaine pépite et du prochain cachet ? » 
  • Le produit joueur finalement est jeune, naïf, influençable, pas dans le système, on va gérer ces intérêts, sa carrière.
     

Je dois dire aujourd’hui que les français sont les champions du baratin mais la vérité c’est que les anglais n'ont même pas besoin de parler pour recruter ; un simple stylo et un chéquier suffit ! Quand l'agent français parle en milliers d'euros, l'anglais parle en dizaine…


 


 


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