Manque de moyens, infrastructures déplorables... le sport dans les quartiers populaires, le constat qui fait mal

Ce n’est pas nouveau, dans les quartiers dits « difficiles », le sport est bien souvent pour les jeunes un des moyens de ne pas tourner mal. Si en France et dans de nombreux pays le sport de référence reste le foot, les autres activités sportives peuvent être elles aussi salvatrices. Mais sur le terrain, qu’en est-il vraiment ?

Entre rêve de gloire, espoir et désillusions dans les quartiers populaires

Actuellement en France, il existe 1500 banlieues dites « populaires » ou encore « défavorisées » qui comptent quelque 6 millions d’habitants. Ces cités sont, sans stigmatiser, souvent le théâtre d’événements assez violents.


Cependant, si l’on regarde l’histoire de France, ces banlieues ont souvent été les témoins de la naissance de nombreux sportifs de grand talent à l’instar de Teddy Riner, Karim Benzema, Gaël Monfils, Zinedine Zidane qui ont tous comme point comment de sortir de ces zones populaires.


Malgré la réussite donc de certains de leurs habitants et des aides souvent bien trop légères, le sport dans les cités ne dispose que de peu de moyens. Les éducateurs sportifs sont souvent très jeunes, plus de 70% d’entre eux ont moins de 30 ans et manquent donc d’expérience et de pédagogie avec peu de financement, des infrastructures assez fatiguées et un énorme manque de soutien et de communication pour tous les intervenant de ce domaine.


Pourtant, on cite le sport comme le moyen de permettre une meilleure insertion pour ces jeunes.


Une leviers pour les uns, un pilier pour les autres

Gilles Vieille-Marchiset, directeur de l'unité de recherche Sport et Sciences sociales à l'université de Strasbourg a déclaré en 2018, « Il est démontré que les jeunes qui pratiquent du sport, que ce soit en club ou juste dans leurs loisirs, ont de meilleures notes, décrochent moins et ont de meilleures carrières que la moyenne. Le sport éducatif, ce n'est pas une légende ».

Une déclaration motivante très mal comprise par bon nombre de personnes qui se sont vite mises à croire que les citées étaient des viviers de futurs champions. Mais en réalité, le gros du sport dans ces endroits tourne autour du foot. Et de nombreux jeunes se sont mis à espérer être les futurs champions du ballon rond au détriment de leurs études.


Pour rappel, sur le nombre de joueurs rentrant dans un centre de formation de football, seulement 3% deviendront joueurs professionnels.

Au contraire, Gilles Vieille-Marchiset prône une diversification des sports dans les banlieues afin d’obtenir un plus grand panel de possibilités et d’aider les jeunes qui s’y trouvent à se pacifier en allant de l’avant.


Conditions déplorables & entraîneurs fatigués

En règle générale, les entraîneurs qui se retrouvent dans ces banlieues ont de lourdes tâches sur les épaules. Souvent confrontés aux rêves peut-être disproportionnés des jeunes, ils sont en plus dans des milieux assez violents et doivent également bien souvent gérer des problèmes sociaux.


D’ailleurs, nombre d’entre eux font le très désagréable constat que l’Etat investit certes dans le sport de haut niveau mais beaucoup moins dans le sport dit de loisirs. Ce qui, pour une population lambda peut encore passer avec l’aide des municipalités et les dons des résidentsmais qui est difficilement gérable dans des citées ou le gros des foyers vit avec des revenus très limités.


Le président d’une association sportive interrogé a d’ailleurs déclaré : « Il faut valoriser ces éducateurs. Ce sont des héros. »

Malheureusement, sur le terrain, loin d’être encensés, on constate même que les entraîneurs sont de moins en moins soutenus.


Un plan d'action toujours en attente

En 2018, un plan d’action annonçait que plus de 5 000 postes devaient être créés pour permettre de promouvoir et de gérer le sport dans les milieux défavorisés. A l’heure d’aujourd’hui, on ne constate encore que trop que les promesses ne cadrent pas forcément avec la réalité.


Si initialement le gouvernement était impliqué dans les pratiques sportives en milieu modeste afin de faciliter l’insertion, aujourd’hui bon nombre d’entraîneurs et de dirigeants se sentent laisés.

Pourtant, le besoin d’ouvrir des structures sportives est de plus en plus important face aux dérives que l’on constate de plus en plus.

Sans réelles réponses de l’autorité en place, le monde sportif est actuellement en émoi afin de faciliter l’accession du sport au plus grand nombre.


Rappelons qu’un club sportif est bien souvent un poumon central dans la vie d’une communauté. Il est donc important qu’il existe et qu’il se pérennise.

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