Les sportifs : des biscotos mais rien dans le ciboulot ?

Il n'est pas rare que des mauvaises langues remettent en cause les capacités intellectuelles des sportifs. Mais est-ce de la pure spéculation ou au contraire, existe-il vraiment une différence entre le sportif et le commun des mortels ? Des études ont été menées dans ce sens et vont enfin faire taire les ragots.

"Les sportifs, pas fute-fute..." ah bon ?

Qu'on le veuille ou non, le mythe du « sportif peu futé » existe depuis que le sport est sport. Et ce gratin de citations entendues ça-et-là de la part de figures emblématiques nous le rappelle amèrement :


« 
Les hémorragies cérébrales sont moins fréquentes chez les joueurs de football. Les cerveaux aussi ! »
Pierre Desproges

« Quoi de plus stupide que les remplaçants d'une équipe de football assis sur un banc sous une cage de verre... Ils peuvent l'attendre longtemps le bus ! »
Patrick Sébastien.

 « Les sportifs, le temps qu’ils passent à courir, ils le passent pas à se demander pourquoi ils courent. Alors, après on s’étonne qu’ils soient aussi cons à l’arrivée qu’au départ ! »
Coluche.


Cela dit à force d'entendre ces phrases assacines, certains chercheurs se sont penchés sur le sujet, mettant un terme par la même occasion à la propagation de ce véritable mythe. Car il semblerait bien que les sportifs puissent être des athlètes au physique ravageur, MAIS, également se révéler plus intelligents que la moyenne.

Une étude au Canada casse le mythe

Le professeur Jocelyn Faubert de l'école d’optométrie de l'université de Montréal a mené une étude sur 275 athlètes dont 102 professionnels et 33 étudiants non sportifs de niveau universitaire. Les résultats de cette recherche sont parus dans la revue Scientific Reports.  Le but de cette recherche était de cerner les  « capacités visuelles, perceptives et cognitives pour visualiser des éléments complexes » sur différent sujets. Les sujets sélectionnés dans la section sportive étaient tous issus de sports différents, comme le foot, rugby et hockey, et venaient de pays divers. Résultats ? Les sportifs professionnels ont tous brillamment passés les tests d’intelligences qui leur ont été imposés, loin devant les universitaires qui sont arrivés derrière les sportifs amateurs.

Le professeur déclare :  « Nous avons constaté que les athlètes professionnels étaient en mesure de traiter les scènes visuelles beaucoup mieux que les athlètes amateurs, qui à leur tour ont mieux réussi que les étudiants.(…) Il semblerait que les athlètes soient en mesure de concentrer avec beaucoup d'acuité leur attention, afin d'améliorer leurs capacités . » Les résultats de cette étude pourraient clairement changer la manière de soigner les jeunes atteints d’hyperactivité.


Les différentes études mener par le CNRS... aussi

Le CNRS (Centre National de Recherche Scientifique) a quant à lui plusieurs pôles bien distincts qui s’occupent d’encadrer les sportifs pour comprendre un peu mieux se qui se cache dans le cerveau des sportifs. Par exemple, le pôle "Performance, Motricité et Cognition" cherche au travers de l’imagerie de comprendre comment un athlète arrive à prendre une décision en même temps qu’il réalise une série de mouvements dits complexes. Cette recherche veut permettre d’augmenter la réactivité des sportifs et ainsi améliorer leurs performances lors des compétitions. Un autre pôle "Mouvement et perception" grâce aux pilotes de Formule1, des sports de glisse ou encore des cyclistes, permet de comprendre l’impact de la vitesse sur la prise de décision, et là encore, on s’aperçoit que les sportifs sont plus calmes et réagissent mieux que le commun des mortels aux effets limite paralysants de la vitesse. Ils perdent moins le sens de l’orientation aussi.

D’autres études en cours valident 

L’ICM, soit l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière, réalise régulièrement des séminaires autour du cerveau des sportifs et de ses capacités. On s’aperçoit d’ailleurs du très fort potentiel de celui-ci. En effet, dans de nombreux tests, les sportifs arrivent au-dessus de la moyenne, notamment dans leur capacité d’analyse, de polyvalence, de gestion du stress ou encore de réactivité. Une autre étude, menée en 2017 par les chercheurs de l’Institut Karolinska en Suède, prouve qu’il y a même des différences de capacité cognitive entre les champions de L1 et les athlètes de L2.

Bien que de nombreuses études aient déjà démontré l’importance d’une activité physique tant pour la santé que pour le cerveau, les dernières recherches prouvent que contrairement à ce que l’on peut penser, les sportifs font partie des personnes les plus intelligentes.

Meilleures capacités d’analyse, de polyvalence, de gestion du stress ou encore de réactivité, voilà qui fera taire les mauvaises langues !

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