Comment l'usage des jeux vidéos ont influencés dès le plus jeunes âge les entraîneurs/éducateurs d'aujourd'hui?

Après 20 ans d'expérience des jeux vidéos... European club soccer, PES et Fifa pour ne citer que les plus populaires ont contribués à transformer l’œil du joueur en prenant les commandes de son équipe et de son management. Pour toute une génération née dans les années 80, cela a pu permettre indirectement d'imaginer ce que leur propre coach avait comme idée de jeu.

Hormis la gestion des entraînements, on retrouve beaucoup d'éléments qui font le quotidien de n'importe quel coach de la Ligue 1 à la 5eme division de district sur la gestion tactique et d'un groupe de joueurs à disposition.


Trouver un schéma de jeu en adéquation avec ses joueurs.


Grand amateur de Fifa, j'ai passé des milliers d'heures à chercher la combinaison gagnante, en fonction des équipes que j'avais, à la recherche du système qui arriverait à être compact et à me projeter vite vers l'avant en utilisant mes 2 ou 3 attaquants hyper rapide. Au départ ce fut efficace surtout quand tout le monde se souvient de Ronaldo ou même de Roberto Carlos que je faisais jouer devant ou en accélérant avec Ronaldo et en contournant le bloc équipe je pouvais mettre une passe en retrait tranquille pour marquer ; les plus nostalgiques s'en souviendront... Puis l'évolution du jeu à corriger ce bug ; finit les extraterrestres avec l’apparition de notions bien plus collectives ou le système de jeu, ou les joueurs ont des postes prédéfinis qui font que ton équipe si elle est construite sur les joueurs d'un même championnat ou d'une même nationalité s'entendent parfaitement. Par la même occasion les éditeurs ont mis l'accent sur le jeu avec des multiples système de jeu, des idées de jeu comme la contrattaque rapide, la projection d'équipe, bref les premières notions de coaching.


Cerner les profils de joueurs au poste


Même si les rencontres sur les jeux-vidéos était souvent les mêmes ; Barcelone – Réal, Manchester- Arsenal, Psg – Marseille... il y avait des modes de jeu comme carrière ou Ultimate team qui te faisait démarrer avec des équipes Nul et tu te devais de gagner des matchs pour évoluer avec la notion de crédit. En règle générale, le compromis du défenseur était assez grand et assez rapide pour espérer contrer les attaquants adverses. Les milieux défensifs, très athlétiques et très grands, le milieu offensif, un super dribbleur et au profil casseur de ligne pour accompagner les attaques, et devant naturellement des attaquants très rapides. J'ai en tête le nom de Victor Iibarbo (Colombien - championnat italien) qui était tellement rapide, athlétique qu'il faisait passer des stars mondiales pour des second couteaux. Certes même si aujourd'hui ces notions sont quand même dépassées, on peut constater que cette réalité existe toujours. Nous avons tous des stéréotypes de poste, et il est très rare de voir un arrière central mesurer 1M70. L'évolution de l'attaquant a permis de voir des profils Pivot comme Peter Crouch accompagner nos sprinteurs qui ont été relégués sur les côtés. C'est très caricatural bien sûr mais logiquement on adapte notre système tactique à nos joueurs.


Dégagez une animation qui permettra de mettre en valeur les meilleurs joueurs

 

4-3-3, 4-4-2, 3-5-2, 4-2-3-1... autant de systèmes qui permettent de trouver un compromis selon vs idées de jeux.

Hormis l'idée d'avoir un bloc grand et solide dans les duels, pour transposer le jeu à notre réalité, tous les joueurs techniques, et dotés de faculté d'élimination par la passe ou par le dribble, se retrouvent toujours au milieu, ce ou ces génies sont toujours bien accompagnés. Un exemple concret Manchester City, est ce que Fernandinho et Yaya Touré n'apportait pas l'impact nécessaire pour que David Silva pour régaler et orchestrer la production de caviar pour les attaquants ?

Peut importe le niveau, nous fonctionnons pareil, on va chercher à mettre ce ou ces joueurs dans des bonnes conditions pour faire la différence. 

Faire face à une suspension ou à une blessure, la gestion d'effectif


Le système des cartons ou blessures des jeux-vidéos, je pense, était le plus compliqué à régler, comment compenser la blessure d'un Messi, d'un Ronaldo??? Trouver un joueur avec les mêmes qualités était impossible ou très onéreux. La gestion des absents parfois fait en sorte qu'on modifie notre système de jeu, qu'on adapte des joueurs à des postes. Le meilleur exemple aujourd'hui est Marquinhos du PSG qui est apparu en milieu défensif par hasard et qui donne entière satisfaction au board parisien. Dans la réalité ou dans le jeu, un joueur comme Jordi Alba du Réal a déjà dépanné ailier gauche...


L'aspect financier et le trading de joueurs


Un sujet qui fait bondir les coachs dont les clubs ne dépensent pas d'argent dans le recrutement... Sans prendre de parti ou on entend, « l'argent a tué le football... » le football est un véritable business, les jeux-vidéos ont carrément fait passer des enfants de 10 ans pour des super agents sur des modes carrières, la gestion d'achat / revente de carte Ultimate team sur Fifa donne cette impression de liberté... En réalité, les joueurs ou même les coachs en profitent largement ; combien de fois on a entendu des soi-disant fuites dans les journaux en pros mais aussi au niveau amateur ou le réseau de footeux est un pourvoyeur de ragots... un joueur qui veut renégocier inventera toujours des intérêts d'autres clubs. A partir du moment où on cherche à monétiser son talent, tous les moyens sont bons, le club a côté me donne 200€ de plus donc à vous de voir … combien de président/ Coach ont du s'arracher les cheveux avec ce type de discours... mais pour les plus jeunes, les jeux-vidéos ne l'est-on pas préparé à cela ? Football Manager notamment...

 

Globalement, je relate des faits, des bons et des mauvais côtés de l'utilisation des jeux-vidéos. Je ne fais pas le procès car j'y ai joué pendant 20 ans. Je constate juste qu'il a une influence sur notre manière de voir les choses, sur l'aspect football qui pour moi peut être ludique. Néanmoins la culture de la finance dans la tête d'un enfant de 10 ans pour moi est complètement à bannir. Cela donne une image biaisée du football comme pour le métier d'agent d’ailleurs, qui fait croire que c'est un métier ou ils gagnent des millions... très peu d'agents sont millionnaires...

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